Chargez la parabole du bon bon grain et de l'ivraie (Mt 13,24-30)

NOUVEAU TESTAMENT : PARABOLE DU BLE ET IVRAIE, COMMENTAIRE ET MEDITATION


La parabole de l'ivraie est un texte très court, une douzaine de phrases, mais il contient les principales questions sur le mal traitées dans la Génèse. Elle confirme deux ensignements de la génèse et tranche sur une question qui revient dans toute la bible. Pour nous, ce message nous questionne aussi sur nos comportements et je vous en propose une méditation.

Confirmer la provenance du mal dans la Genèse

Les peuples de l'antiquité expliquaient la présence du mal par les défauts des Dieux, eux-même sujets à la méchanceté. Le peuple juif va refuser cet explication et réécrire les mythes antérieurs de la création en précisant constamment que Dieu a créé le monde bon : "et Dieu vit que cela était bon". Mais d'où venait alors le mal ? Dans le récit de la chute d'Adam et Eve, c'est une créature, le serpent, qui introduit ce mal sur terre.
Jésus reprend ces deux explications bibliques : Dieu n'a semé que le bon grain, mais un "ennemi" a semé l'ivraie. pour contrecarrer le dessein de Dieu.

Bible : Dieu frappe-t-il ceux qui font le mal ?

Le mal peut venir d'une autre créature, mais le malheur, les maladies, les catastrophes naturelles ... pourquoi existent-ils si Dieu est bon, a créé un monde bon ? Cette question va se poser durant tout l'ancien testament. Au début, refusant encore une fois la méchanceté de Dieu, mais persuadé que tout vient de Dieu, les juifs vont se dire qeu Dieu est bon, mais juste : il frappe les méchants. Ces cataclysmes, ces souffrances sont une punition divine. C'est le thème de la chute d'Adam et Eve (souffrance et mort), du déluge et de Sodome (catastrophe naturelle), l'explication des défaites du peuple juif, de son Exil... Mais cette signification ne va pas satisfaire tous les auteurs de la Bible. Et très souvent à la suite d'une "punition divine" une phrase va être rajoutée qui vient contredire cette justice dure. Dans le récit d'Adam et Eve, Dieu, après les avoir "puni", se montre compatissant en les habillant. Après le déluge Dieu se promet de ne plus recommencer "je ne frapperai plus tout ce qui est vivant, comme je l'ai fait". Un autre problème se posait : le malheur frappait aussi bien le juste que le méchant. Comment Dieu pouvait-il frapper le juste aussi ? C'est un des thèmes du livre de Job, où Dieu ne frappe pas Job, mais laisse Satan faire. La question n'était visiblement pas tranchée dans l'esprit des Juifs au temps de Jésus. Ces propres disciples lui demandent à propos d'un aveugle de naissance "qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle?"
Devant ce dilemne, Jésus va affirmer que ce n'est pas Dieu qui frappe le méchant, il se refuse à intervenir contre lui, il préfère laisser faire le mal, de peur de faire lui aussi du mal.

Sujets de méditations

Cette parabole nous offre deux sujets de réflexions sur nos comportements actuels :
- Il est de plus en plus fréquent que les chrétiens nient l'existence du diable, dépersonnifient le Mal. Or dans cette parabole Jésus parle explicitement d'un ennemi.
- Pourquoi Jésus raconte le passage où les serviteurs veulent arracher l'ivraie ? N'est ce pas une tendance naturelle chez l'homme de penser que le meilleur moyen de supprimer le mal est de supprimer tous les méchants ? Si l'homme a pratiqué ce principe à toutes les époques, notre XXème siècle s'est montré encore plus terrifiant que les autres. Au nom d'un monde nouveau, un monde meilleur, combien ont été massacrés ? N'y avait-il que de l'ivraie dans les dizaines, voir la centaine de millions de personnes massacrées ? Ce qu'on nous a présenté comme une avancée historique n'était en fait qu'un retour en arrière de 2.000 ans. Et nous, ne sommes nous pas tentés par cette solution ?