MEDITATION SUR LA PARABOLE DU RETOUR DU FILS PRODIGUE
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Fils prodigue signification, suite : Nous avons déjà vu dans cette parabole du retour de l'enfant prodigue (saint Luc 15:11–32) une suite de significations, de paradoxes-leçons. Voici quelques autres réflexions pouvant être méditées :

La culpabilité

On accuse souvent le Christianisme d’écraser l’homme en le culpabilisant. La parabole aborde ce sujet puisque le fils dit « j’ai péché contre mon père ». Deux questions me viennent à l’esprit :
La culpabilité du fils l’enferme-t-elle sur lui-même ou le tourne-t-elle vers l’autre ?
Le père laisse-t-il cette culpabilité s’exprimer ?

L’obéissance

J’adore dire que cette parabole est un discours sur l’obéissance. Généralement mon interlocuteur est surpris, il cherche longtemps où elle peut bien en parler. Et pourtant la parabole sur ce sujet reprend certains textes de l’Ancien Testament. Le plus proche, c’est pour moi 1-Samuel 8 quand le peuple juif veut un roi.

Un des plus étonnant paradoxe de cette parabole, tellement nous sommes habitués à l’inverse. Peut-être même un des plus importants pour notre compréhension de Dieu et de son action.

L’humilité

Comme pour l’obéissance, on n’attend pas l’humilité là où elle est.

Le pardon

Imaginez que vous alliez vous confesser, et que le prêtre sorte de son confessionnal et accoure pour vous embrasser, vous donnant quasiment l’absolution sans attendre de vous avoir écouté, sans pénitence et sans sermon !
Pour nous le pardon est souvent un « traitement » de la faute passée. Or là le père n’en parle jamais, même quand il va à la rencontre de son fils aîné.

Qu’est ce que le pardon chrétien, vers quoi est-il tourné ?

Le Paradis et l’Enfer.

Il y a un point commun entre la « chute » et l’ « enfant prodigue ». Le « paradis terrestre » ne paraît pas un lieu de joie, mais je dirais plutôt d’ennui. Dans la « chute », devant l’ennui de l’homme, Dieu lui donne des compagnons, les animaux, puis comme l’effet est éphémère, une compagne. Mais visiblement ça n’a pas l’air de lui suffire. Dans les deux récits, tous les hommes préfèrent en partir, ou du moins en prendre le risque. Il est vrai qu’il est décrit comme un monde tout fait, un monde sans initiative pour l’homme, sauf le choix de croquer la pomme. On a l’impression que dans les deux récits l’homme cohabite avec Dieu, mais on ne peut parler de communion de vie.
Quel contraste dans la parabole avec la joie qui y règne après le retour du fils prodigue. Le fils aîné, surpris, demande même ce qui se passe !!

Que de questions pose ce texte ;
Qu’est-ce que le Paradis ? Quand existe-t-il vraiment dans la parabole ? qui le crée ?

De même pour l’enfer : comment est-il décrit ? qui le crée ?

Ne jugez pas …

Ce commandement est de loin le moins respecté. On peut même dire que juger son prochain est l’occupation favorite de l’homme, chrétien inclus. Là aussi la personne qui le respecte n’est pas celle que nous attendions.

Les paraboles sont vraiment des récits d’actualité. Récemment, après des décennies de séparation, Benoît XVI et Fellay ont décidé de se retrouver pour rentrer en communion. Le Saint Père semble avoir pris sa décision tout seul, sans avertir préalablement ses fils, les Catholiques. Aurait-il dû attendre qu’ils soient de retour de leurs champs ? La surprise n’a pas été appréciée, et immédiatement de nombreux jugements négatifs sur lui ont été prononcés.

Ce péché, que nous « jugeons » anodin, est décrit dans cette parabole comme le pire. Dans les Evangiles, le Christ s’emporte rarement, et le plus souvent c’est contre ceux qui jugent. « Juger » est un péché qui menace beaucoup le croyant, l’histoire a montré que ceux-ci y succombaient souvent, même ceux sensés diriger le peuple de Dieu. Cette parabole est vraiment l’occasion d’en prendre conscience.

Quelques fois je me mets à rêver d’un monde où tous, nous arrêterions de juger notre voisin. Essayez le même rêve, vous serez étonnés.

… et vous ne serez pas jugés

Dans notre vision humaine, nous pensons que nous serons jugés par Dieu à la fin des temps, et qu’en fonction de ce jugement nous irons au paradis, au purgatoire ou en enfer. Or ici quel jugement exclue le fils aîné du paradis ?

Jésus juge-t-il ?

Jésus, dans cette parabole, se contente de décrire le comportement du fils, sans porter de jugement. Or c'est exactement le comportement du père. Cette similitude est-elle un hasard ? Dans cette parabole, c'est l'homme qui prend conscience de son péché, comme dans le récit de la chute. Est-ce encore un hasard ?