Chargez la parabole du bon samaritain

EVANGILE, PARABOLE DU BON SAMARITAIN : INTERPRETATION ET ENSEIGNEMENTS




Parabole du bon samaritain, suite de l'interprétation :

charité ou solidarité institutionnelle ?

Le fait que Jésus décrive la relation directe d'amour comme ce qui est de loin le plus important peut nous interpeller, surtout en France. Nous avons sutout misé sur une solidarité centralisée, légiférée ou codifiée dans des associations ou mouvements. Or nous sommes dans les pays à plus fort taux de suicide, et Nous sommes les plus gros consommateurs de psychotropes du monde. Et cette situation ne cesse d'empirer. Plus d'1/4 des Français consomme des anxiolytiques, des antidépresseurs, des somnifères et autres médicaments pour le mental (source doctissimo).
Il ne serait pas inutile de méditer sur les raisons de cette situation. Si la solidarité organisée est sans doute nécessaire, est-elle efficace dans tous les domaines ? est-elle trop uniforme et incapable de s'adapter pour certains domaines ? est-ce qu'elle n'a pas eu tendance à évincer la charité en s'infiltrant partout ? Est-ce qu'elle a déshumanisé nos relations ? ...
Et pour nous personnellement, le fait de devoir subir une solidarité organisée, ou d'avoir la possibilité de pratiquer la charité par délégation en donnant à des oeuvres peuvent-ils suffire ?
Récemment je discutais avec quelqu'un. J'exprimais que pour certains la charité était vexante car faisait dépendre le faible du bon geste du fort. Mais lui m'a répondu qu'il était encore plus dur de se sentir une charge obligatoire que d'être soutenu par amour.
On est aussi étonné du paradoxe français : longtemps l'homme le plus populaire a été l'abbé Pierre, adepte de la charité, et François Hollande qui s'est fait élire comme champion de la solidarité légiférée est à un record d'impopularité. Et pourtant, nous français, nous sommes toujours en train de réclamer plus de solidarité légiférée.

Aptitude et formation

La question est posée par un docteur de la Loi. Dans la parabole les deux personnes qui se détournent du malheureux blessé sont un sacrificateur et un lévite. Or ces trois personnes ont en commun être sensées avoir eu la meilleure formation théologique, puisqu'une partie de leurs fonctions consistait à enseigner. Malgré cela les deux premiers se détournent du commandement principal et le docteur montre qu'il ne peut élargir sa notion du prochain en refusant de prononcer le mot "samaritain". C'est l'hérétique qui va appliquer naturellement le plus grand des commandements. Dans le monde d'aujourd'hui où l'aptitude est jugée de plus en plus sur le diplôme, ce texte est interpellant.
Dans l'église catholique, un fait interpelle aussi. Un certain Jean-Marie Vianney n'arrivait pas à réussir ses études au séminaire, à cause du latin. Sans l'énorme insistance d'un prêtre qui lui obtînt une dérogation, jamais il n'aurait pu accéder à la prêtrise. Compte tenu de ses aptitudes scolaires, on lui confia la plus petite paroisse de l'évêché : Ars. Son église vide se remplit, les croyants venant même de loin, et après sa mort, il fut élevé au titre de patron des curés !! Si la sélection avait été respectée, l'Eglise Catholique se serait privée du meilleur de ses curés !!
Aujourd'hui en France, les prêtres doivent faire au moins 6 ans d'études principalement intellectuelles : 2 ans de philosophie, 3 ans de théologie (source : pretres.com). Mais les églises et les séminaires sont vides. L'Eglise a besoin de théologiens, mais elle s'est surtout développée grâce à des témoins. Peut-être un jour apparaîtera une autre catégorie de prêtres, des personnes ayant témoigné une grande charité et pour qui un parcours thélogique plus court pourrait être appliqué.

dogme et charité

Le prêtre et le lévite, à la vue du blessé, passent outre. En effet le contact d'un mort (la parabole dit que le blessé a été laissé à demi-mort), ou du sang rendait impur. Le dogme devient une raison de refuser la charité. Mais il n'y a pas que du temps de Jésus que le dogme peut avoir cet effet. Les croyants se sont souvent divisés, haïs, combattus pour des raisons dogmatiques. Par cette parabole, où l'hérétique y est le plus méritant, le Christ nous rappelle que l'important est la charité. "Le dogme divise, la charité rapproche". Cette citation est à méditer compte tenu de la division des croyants. L'unité ne se fera pas sur une convergence dogmatique, impossible compte tenu de l'esprit humain, mais sur la charité.

Mais sur ce sujet, l'oecuménisme, un autre texte de l'évangile nous apporte la voie que préconise Jésus, il s'agit de la rencontre de Jésus et de la samaritaine.