COMMENT VIVRE AVEC UN DEPRESSIF, SE COMPORTER ? QUOI FAIRE ?


Partager la vie d'une personne dépressive ou suicidaire n'est pas aisé, notamment avec un conjoint ou un enfant, surtout un adolescent, . Cela demande de se conduire avec beaucoup de patience (on en a vite marre), agir beaucoup d'amour, souvent peu récompensé au moins en apparence. Plutôt que faire une grande liste de conseils sur la façon de se comporter, des erreurs à éviter, je préfère insister sur deux points :

Proche ou psy ? quel comportement choisir avec un dépressif ?

Jacques Terrassin, le créateur de SOS Suicide, psychologue de formation, a eu des succès éclatants avec des dépressifs suicidaires, sauf avec une personne, sa femme. Il avait essayé de la guérir comme un malade normal. Après un début très efficace, cela a fini en un échec retentissant. Pourquoi ?
Je vois plusieurs raisons possibles :
- sa femme ne savait plus très bien avec qui elle était : son psy ou son mari. Comment réagir ?
- les remarques faites par un proche, surtout en couple, peuvent être interprétées comme des moyens de se décharger de la responsabilité du problème relationnel. Avec un psy qu'on ne voit que de façon professionnelle, ou même avec une personne indépendante, ce soupçon n'existe pas.
- nous pensons facilement qu'aimer, c'est vouloir aussi améliorer l'autre, malheureusement celui-ci l'interprète souvent comme : « Il ne m'aime pas comme je suis, mais comme il voudrait que je sois ».
- chaque homme a besoin de son petit jardin secret, surtout avec un proche ou un ami.
En clair, je crois qu'il faut mieux essayer d'éviter de mélanger les rôles, et de se contenter d'afficher son amour. Bien sûr il est important d'essayer de comprendre le problème, mais pour améliorer son comportement, l'adapter, et non pas exposer une théorie.

Conseil : éviter la répétition

Une autre chose que j'essaye d'éviter avec des déprimés, c'est la répétition. C'est toujours tentant de répéter quand vous voyez que la personne dépressive n'a pas été persuadée au premier coup. Quand quelqu'un ne veut pas de votre conseil, la première fois il le tolère car vous donnez votre opinion pour l'aider, la deuxième fois il peut comprendre ça comme une volonté de lui imposer votre "bonne" opinion, contre la sienne qui ne serait pas valable. Souvent ça peut le rendre agressif. Or pour un proche avec qui on habite, le danger de répétition est énorme, surtout pour un parent.