Seule la vérité vous rendra libres - commentaire

Par Charles : Comment le Christ peut-il dire "la vérité vous rendra libre", si nous sommes obligé de nous y soumettre ?

Par Monique : ... nous sommes CONTRAINTS de faire le petit agneau devant le Saint-Esprit, sinon attention pas de pardon ! J'appelle cela de l'humanisme terroriste ! On est libre mais dès qu'on se rebelle, retour de bâton !

"La vérité vous rendra libres" (Jean 8 32), cette parole est à mettre à coté d'une autre phrase de Jésus : "Je suis la vérité". Cela peut paraître paradoxal : pour être libre, il faut se soumettre à la vérité de Dieu ! Jésus est d'ailleurs un adepte du paradoxe : "Heureux les pauvres ... ", car comme les paraboles le paradoxe nous pousse à rechercher le sens du messages du Christ. Jésus, aux longs discours, préfère les petites phrases ou histoires qui nous interpellent.
Longtemps je n'ai pas fait attention à cette affirmation, mais des exemples de vie m'ont fait saisir la justesse de cette phrase. C'est pourquoi je pense qu'au lieu d'une longue explication théologique, mieux vaut des exemples concrets.

vouloir être aimé, admiré ...

C'est le parcours que j'ai fait avec un ado déscolarisé qui m'a fait comprendre la perte de liberté qu'on subit quand on a comme seul but d'être aimé, admiré, considéré ... Ne sentant pas assez bien traité, considéré par ses parents, ses camarades ... bref le monde entier, il s'est enfermé pendant 2/3 ans dans sa chambre. Aujourd'hui, il avoue que ce fut pour lui un enfer. Il entendait les autres s'amuser, mais par orgueil il restait enfermé. Quelle honte s'il s'était "abaissé" à revenir sur sa décision. Il ne croyait plus qu'existe l'amour sur terre, puisque personne ne l'aimait, et il envisageait de se suicider un jour. Au cours du parcours, je lui ai sorti « Nous les hommes, nous confondons souvent aimer et envie d'être aimé ». Cette phrase lui provoqua un choc.
Quand on vit pour être considéré des autres, on ne vit plus que pour le regard des autres, on a perdu toute liberté d'agir de nous-même, de faire ce qu'on aime. Nous sommes esclaves de l'opinion des autres. Or qu'elle est la "vérité" de Jésus sur ce point : c'est qu'il faut aimer au lieu de chercher à être aimé. Lui même a fait ce choix, et a même accepté d'être haï par une foule nombreuse.

Juger les autres

Une des occupations favorites de l'homme est de juger son prochain. Nous y passons une bonne partie de notre temps et c'est souvent le sujet de nos conversations. Mais une fois que vous avez catalogué quelqu'un, vous êtes prisonnier de votre jugement. Il faut justifier votre choix, et toute action de l'autre devient mauvaise. Vous ne pensez plus qu'en fonction de la pensée de l'autre. Un exemple récent le plus frappant est celui de notre président de la république (écrit en 2014) : il a jugé publiquement son prédécesseur très négativement, et a ainsi passé la première année de son mandat à agir à l'opposé de celui-ci, que ses idées aient été bonnes ou mauvaises, sans prendre le temps de réfléchir par lui-même. Nous devons esclave de notre jugement, ne pouvant plus le contredire. Ce qui est vrai pour notre opinion sur les autres est valable pour Dieu. Beaucoup de personnes se font une idée préconçue de Dieu, comme "c'est un tyran" ... résultat, ils ne cherchent plus à Le comprendre, mais uniquement à justifier leur jugement.
Je l'ai vu avec mon ado déscolarisé : c'est quand il a compris le mécanisme infernal du jugement qu'il est retourné parler à ses parents.
Ici encore, la vérité du Christ qui est de ne pas juger son prochain, nous libère énormément.

L'amour existe-t-il ?

Souvent on ne sent pas aimé, et on finit pas ne plus croire à l'existence de l'amour, à voir tout en noir. Or le sacrifice du Christ nous montre un amour fou, au-dessus de tout ce que nous pouvions imaginer. En percevant profondément celui-ci, j'ai appris à mieux regarder les autres, et j'ai alors découvert que beaucoup de gens autour de moi étaient extraordinaires. La vérité du Christ, "Dieu est amour" nous délivre d'une vision négative du monde, sans tomber dans l'angélisme, car comme le dit lui-même Jésus dans la parabole de l'ivraie, le bien est le mal sont mélangés.

Ces trois exemples ont en fait un point commun : la vérité que le Christ nous enseigne par sa parole et ses actes est d'abandonner cet égocentrisme, cet orgueil qui nous ôte toute liberté dans nos comportements, notre pensée.