DYSLEXIE ET VIOLENCE, AGRESSIVITE

Dominique : c'est une histoire qui s'est étalée sur plusieurs années. Frédéric, le fils d'un ami est dyslexique, ce qui a entraîné de grandes difficultés scolaires (redoublements ...). Avec les jeunes de son âge, ou moins agés, il pouvait avoir des comportements agressifs. Son visage reflétait son mal à l'aise, son anxiété, sa perte de confiance en lui. Pour entrer en relation je lui ai proposé de m'accompagner à un conférence d'Amaury à l'aumonerie, puis de faire le même parcours qu'Amaury. Mais plutôt que de raconter son cheminement, je laisse la parole à Frédéric (je n'ai changé aucun mot) :

Frédéric :

C'était une période de ma vie où pour moi tout allait mal. Ce n'est pas que j'étais malade handicapé ou quoi que ce soit d'autre mais j'étais totalement déséquilibré psychiquement et mentalement rien pour moi n'avait de sens si ce n'est quelques rares choses comme l'amitié ou le tir à l'arc. J’ai fait n'importe quoi au nom de l'amitié.
En effet suite à un tabassage en règle à l'école qui m'avait laissé sur le carreau j'ai ressenti une force gonfler en moi, je ne savais pas trop ce que c'était mais je l'ai sentie gonfler, pulser et battre en symbiose avec mon cœur et mon corps. La semaine qui suivait je rassemblais deux ou trois connaissances et j'attendais mes bourreaux à la sortie de l'école. L'un après l'autre je les défiais en combat singulier pour les laisser à leur tour sur le carreau. Ivre de ma nouvelle force je me dis pour quoi m’arrêter en si bon chemin, ainsi j’intégrais une bande et pendant longtemps la baston fut mon quotidien.
Evidement mon comportement agressif n’échappa à personne dans mon entourage proche mais je n’eus que très peu de commentaire je devais foutre la trouille à tout le monde. Peu à peu mon corps changea : je ne ressentais plus la douleur, je ne dormais plus que deux heures par nuit, mes yeux devenaient asséchés, je perdis tout sens moral cognant tout et n'importe qui pour n'importe quelle raison Plus rien n'avait d'importance. Bizarrement je respectais quelques limites. Aujourd'hui je me demande ce qui m’a forcé à les respecter. Par exemple je ne buvais pas d'alcool ou très peu, je ne m'intéressais pas aux femmes, la seul chose qui comptait c'était la baston pure et dure.
Un autre changement se développa dans mon esprit se fut un esprit calculateur et surtout manipulateur. Je n'ai eu quasiment aucun remord à manipuler des jeunes femmes ou des gamins pour obtenir des renseignements.

Naturellement la religion me passait au-dessus de la tête et j'en venais à renier une grande partie de l'enseignement de mes parents. Lors de ma troisième j'ai fait ma confirmation surtout pour que mes parents me foutent la paix. Bizarrement quelques chose changea après ça, pas dans mes actions mais dans ma tête je me posais sans cesse la question est-ce le bien que je fais ? Forcement je l’ignorais mais cela revenait sans cesse, malgré tout je restais dans ma spirale de violence et je n'en sortais pas. Rien ne changeait.

Un jour un des amis de mon père, Dominique, m'invita à une conférence d'un jeune dont il s'était occupé. Comme d'habitude j'ai joué l'hypocrite et j'ai accepté. Curieusement j'ai été surpris par son témoignage il me ressemblait.
Plus tard alors que je croisais Dominique, on reparla de cette soirée et par la suite il m'invita à faire des séances autour de la bible. Sur ces quatre séances je n'en retiens aujourd'hui que deux. Les deux dernières : celle autour du fils prodigue et celle autour de la passion. Si le premier récit m’a interpellé au niveau intellectuel, le second m'a ému. Avec le recul je me dis que le seigneur a la puissance de jouer sur tout les tableaux. Fidèle à ma conduite je ne dis rien à Dominique de mon trouble jouant comme à mon habitude les taciturnes et les hypocrites. Ce qui me poussait à aller le voir c'était sa capacité à me faire me poser des questions.